
Sur un monticule près du château de Chazeuil, s’élève la chapelle de la Ronde, datant du XIe siècle. Voici ce que raconte la tradition:
Une ancienne statue de la Vierge trônait dans l’église d’Agonges.
Les habitants voulurent la remplacer par une statue plus moderne. Mauvaise idée.
Le lendemain, la vieille statue avait mystérieusement repris sa place, tandis que la nouvelle gisait à terre.
Malgré plusieurs tentatives pour l’écarter, la Vierge ancienne se réfugia dans le creux d’un ormeau, découvert plus tard par un berger.
Les villageois, pris de remords, la réinstallèrent dans l’église. Mais la nouvelle Madone fut fouettée et disparut sans retour.
Des fléaux s’abattirent sur la région… jusqu’à ce qu’un pâtre découvre une statue de la Vierge dans la forêt de Briailles.
Une chapelle fut bâtie à Chazeuil, et depuis, les « fouetteux d’Agonges » viennent chaque année faire amende honorable.
Chaque lundi de Pâques et premier dimanche d’octobre, les fidèles s’y rendent encore en pèlerinage.


Dans les profondeurs de la forêt domaniale de Bagnolet, on trouve une tombe en pierre, datée des XIVᵉ ou XVᵉ siècles, ornée d’un calice et de deux croix en demi-relief. Ce serait la sépulture d’un prêtre solitaire, un ermite qui aurait vécu là, retiré du monde, dans une vie de prière et de silence.
Voici ce que la tradition locale raconte :
L’ermite aurait construit un petit oratoire dédié à Sainte Marie-Madeleine, au cœur de la forêt.
Il vivait dans une austérité totale, se nourrissant de racines, d’eau de source et de ce que la forêt lui offrait.
Les rares fidèles qui venaient le consulter le considéraient comme un homme de sagesse, capable de guérir les âmes tourmentées.
À sa mort, ses disciples l’auraient enterré dans l’oratoire, plaçant cette pierre gravée pour perpétuer son souvenir.
Avec le temps, l’oratoire tomba en ruine, et la dalle funéraire fut déplacée. Mais les anciens affirment que les nuits de pleine lune, on peut entendre des psaumes murmurés dans les feuillages, comme si l’ermite priait encore.


