
La légende du moine guérisseur
On raconte qu’au XIIIe siècle, vivait au prieuré un moine nommé Frère Gamet, réputé pour ses dons de guérisseur. Il préparait des décoctions à base de plantes cueillies dans les sous-bois bordant le Sichon. Un jour, une épidémie frappa les villages alentour. Tandis que les malades s’entassaient dans l’église, Frère Gamet aurait invoqué saint Léger et administré son remède. Miraculeusement, les malades guérissaient… mais à une condition : ne jamais révéler la recette.
La Maison du Prieur, aujourd’hui appelée Maison Gamet, serait encore imprégnée de cette aura bienveillante. Certains visiteurs affirment y ressentir une étrange chaleur, comme une présence protectrice.
Le prieuré était célèbre pour son hospitalité envers les pèlerins. Mais selon une tradition orale, cette générosité aurait été sa perte. En 1294, le nombre de voyageurs devint si grand que les moines s’endettèrent lourdement. Une légende dit qu’un pèlerin inconnu, vêtu de noir, aurait maudit le lieu après avoir été refusé un repas. Peu après, les toits s’effondrèrent, les murs tombèrent, et les moines quittèrent le prieuré, laissant derrière eux un silence pesant.
Certains soirs d’été, les habitants disent entendre un chant très doux provenant des murs de l’église romane. Ce serait, selon la légende, les voix des moines disparus qui récitent les psaumes oubliés. Ce phénomène serait perceptible uniquement par ceux qui ont le cœur pur… ou les oreilles très patientes .


Il y a bien longtemps, dans les clairières brumeuses d’Arronnes, vivait un cercle de fées qui veillaient sur les rivières et les forêts. Chaque nuit de pleine lune, elles dansaient autour d’une pierre dressée en forme de croix, sculptée par les anciens druides. Cette croix, cachée dans les fougères, était leur sanctuaire.
Un jour, un homme du village, curieux et avide de pouvoir, tenta de surprendre leur rituel. Il se cacha derrière un chêne et observa les fées tisser des fils d’argent dans l’air. Mais à la fin de leur danse, elles le découvrirent. Pour le punir, elles le condamnèrent à errer dans les bois, invisible aux yeux des hommes, jusqu’à ce qu’il apprenne à respecter les secrets de la nature.
Depuis, on dit que ceux qui s’approchent de La Croix des Fées avec un cœur pur peuvent entendre un murmure dans les feuilles le chant des fées et que la rosée y brille plus fort qu’ailleurs. Mais gare aux curieux mal intentionnés : la forêt ne les oublie jamais…

Autrefois, Les Gravières étaient un lieu de passage pour les lavandières et les pêcheurs. Mais au cœur de ce lit de galets, il existait un trou d’eau profond, que les anciens appelaient le gouffre sans fond. On disait qu’il aspirait les objets… et parfois les âmes.
Un jour, un jeune garçon nommé Théodore, curieux et intrépide, s’approcha trop près du gouffre. Il y jeta une pierre plate, espérant entendre le “plouf”. Mais aucun son ne vint. Intrigué, il revint chaque jour, jetant des objets de plus en plus gros. Jusqu’au jour où il tomba lui-même dans l’eau.
Les villageois le cherchèrent pendant des jours, sans succès. Mais chaque année, à la même date, on dit que le Sichon devient étrangement calme, et que l’on peut entendre un murmure dans les galets : “Je suis là, mais ailleurs…”
Depuis, les anciens évitent de s’approcher du gouffre, et les enfants sont mis en garde : “Ne joue pas aux Gravières, ou tu pourrais rejoindre Théodore dans le monde d’en dessous.”
Le gouffre sans fond

Les lavandiéres
