
La légende du Courlis de Billezois
Il y a bien longtemps, lorsque les marais entourant Billezois s’étendaient à perte de vue, vivait un jeune berger nommé Théobald, rêveur et solitaire. Chaque soir, il menait ses moutons près de l’étang de Beaurevoir, là où les roseaux dansaient au vent et où les étoiles se reflétaient comme des lucioles endormies.
Un soir d’automne, alors que la brume s’épaississait, Théobald s’égara. Le silence était total, sauf pour un étrange chant, doux et plaintif, qui semblait venir du ciel. C’est alors qu’un courlis, oiseau aux longues pattes et au bec courbé, descendit des nuages et se posa devant lui. Ses plumes brillaient d’un éclat argenté, et ses yeux semblaient contenir les secrets du monde.
Le courlis parla oui, parla d’une voix grave et calme :
« Toi qui respectes la terre et les bêtes, je te guiderai. Mais souviens-toi : le chemin du cœur est plus sûr que celui des pieds. »
L’oiseau s’envola, traçant dans la brume une ligne lumineuse que Théobald suivit jusqu’au village. Depuis ce jour, on dit que les courlis protègent les âmes pures, et qu’ils apparaissent aux voyageurs perdus, mais seulement à ceux qui écoutent le silence.
Chaque année, lors des premières brumes d’octobre, les anciens de Billezois déposent une plume au bord de l’étang, en hommage à l’oiseau-guide. Et si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez peut-être son chant, juste avant que la nuit ne tombe…
Le Berger Théobald

Le courlis en vol
