
La légende du port oublié de Bressolles
Au cœur du Bourbonnais, sur les rives de l’Allier, le hameau de Bressolles était autrefois traversé par un bras de la rivière. En l’an 953, Aymon, Sire de Bourbon, fit don de ce lieu aux moines de Souvigny, afin qu’ils y établissent un port fluvial. Ce port, aujourd’hui effacé du paysage, aurait été un point de passage stratégique pour les pèlerins, les marchands… et peut-être même les contrebandiers.
Mais la légende raconte autre chose.
On dit que les moines, en quête de silence et de spiritualité, furent troublés par des voix sur les eaux, des lumières dans la brume, et des barques fantômes qui dérivaient sans rameur au crépuscule.
Certains anciens affirment que le port fut abandonné non pas à cause de la montée des eaux ou du déclin du commerce, mais parce qu’il était maudit. Une relique sacrée, tombée dans l’Allier, aurait attiré des présences invisibles. Depuis, les nuits de pleine lune, les pêcheurs évitent les berges de Bressolles, de peur d’entendre le chant des noyés.
Le port oublié

La légende de la chapelle du Piroir
En l’an 1682, alors que la peste avait récemment ravagé la paroisse de Bressolles, les habitants du hameau de Piroir décidèrent de construire une chapelle pour conjurer le mal. On raconte qu’un vieil ermite, venu des bois de Moladier, aurait guidé les villageois vers un ancien puits sacré, caché sous les ronces, où il prétendait avoir vu la Vierge en songe.
La chapelle fut bâtie sur ce puits, et pendant des années, les malades venaient y déposer des pierres gravées de leurs noms, espérant une guérison. Mais un soir d’hiver, une jeune fille du village, Élise, disparut après avoir prié seule dans la chapelle. On ne retrouva que sa cape, posée sur l’autel, et une rose fanée dans le bénitier.
Depuis ce jour, les anciens disent que la chapelle est habitée par l’âme d’Élise, et que si l’on y entre à minuit, on peut entendre une voix douce chanter une prière oubliée. Certains affirment que les roses déposées sur l’autel se fanent en quelques secondes, comme si le temps s’y écoulait différemment.
Le vieux puits dans les ronces

La Chapelle
