
La légende du loup de Mazieres
Ce récit, transmis oralement dans la région, évoque un loup gigantesque et rusé qui hantait les clairières de Mazières, un hameau situé en bordure de la forêt. Ce loup n’était pas un animal ordinaire : on disait qu’il comprenait les pensées humaines, qu’il apparaissait et disparaissait sans bruit, et que ses yeux brillaient comme des lanternes dans la nuit.
Les charbonniers et bûcherons de Tronçais racontaient qu’il protégeait la forêt contre les intrus irrespectueux.
Loup de Mazieres

La cloche de minuit et les Moines engloutis
Autrefois, un petit monastère s’élevait près de la fontaine. Fondé par Saint Martin, il prospéra rapidement… mais les moines, devenus riches, sombrèrent dans la paresse et la gourmandise. Un soir de Noël, au lieu de jeûner et prier, ils organisèrent un festin profane. À minuit, la cloche sonna toute seule, comme pour rappeler la naissance du Christ. Un moine libertin leva son verre et s’écria :
« Entendez-vous la cloche, mes frères ? Christ est né, buvons une rasade à sa santé ! »
Mais avant qu’ils ne puissent boire, la foudre frappa le couvent. Il fut englouti sous terre, ne laissant derrière lui qu’un bourbier d’où jaillit une source limpide : la fontaine de Viljot.
Depuis ce jour, chaque nuit de Noël à minuit, on dit que l’on peut entendre les cloches résonner dans les entrailles de la terre… et les gémissements des moines, condamnés à rester ensevelis jusqu’à ce qu’ils répondent à l’appel divin.
Une autre tradition locale veut que les jeunes filles en quête de mariage déposaient une épingle sur les herbes autour de la fontaine. Si l’épingle disparaissait au bout d’un mois, le mariage était imminent. On lançait aussi des aiguilles dans l’eau : si elles coulaient, cela signifiait que le cœur de l’homme aimé avait été « piqué »
Le festin des Moines

La fontaine Viljot

Jeune fille et la fontaine Viljot

La légende de Saint-Mathurin et la fontaine guérisseuse
Selon la tradition, Saint Mathurin, né au III siècle à Larchant, était un prêtre réputé pour ses dons d’exorcisme et de guérison. On raconte qu’il aurait fait jaillir une source d’un simple coup de pied pour abreuver ses troupeaux un geste miraculeux qui aurait donné naissance à plusieurs fontaines portant son nom, dont celle de Cérilly.
Mais à Cérilly, la légende prend une tournure plus intime :
On dit que l’eau de la fontaine Mathurin guérit les afflictions de l’esprit les troubles nerveux, les chagrins profonds, et même les amours contrariées.
La fontaine Saint Mathurin

Jeune fille priant

La légende du chêne carré
Selon les anciens du pays, ce chêne aurait été planté par un bûcheron solitaire, Mathias, qui aurait fait vœu de silence après avoir perdu sa famille dans une tempête. Il aurait sculpté la base de l’arbre pour qu’elle reflète la rigueur de son chagrin : droite, anguleuse, sans courbe ni tendresse.
Mais la forêt, dit-on, ne tolère pas la tristesse figée. Chaque nuit de pleine lune, le chêne se mettrait à vibrer doucement, comme s’il voulait retrouver sa forme naturelle. Certains affirment avoir vu des lucioles danser autour, formant un carré lumineux, et entendu des murmures dans les feuilles les regrets de Mathias, ou peut-être l’appel de la forêt à la réconciliation.
Le chêne carré

La légende des fréres perdus
On raconte qu’il y a plusieurs siècles, deux frères jumeaux Théobald et Timothée vivaient dans un hameau près de Cérilly. Inséparables, ils travaillaient ensemble comme bûcherons dans la forêt de Tronçais. Un jour, une dispute éclata entre eux à propos d’un amour partagé pour une jeune fille du village. Bouleversés, ils partirent chacun de leur côté, jurant de ne plus se revoir.
Mais la forêt, dit-on, n’aime pas les ruptures. Une nuit d’orage, les deux frères se retrouvèrent par hasard au pied d’un jeune chêne. En silence, ils s’abritèrent sous ses branches. La foudre frappa non loin, et au matin, les villageois découvrirent deux corps enlacés, pétrifiés dans une étreinte fraternelle… et à leur place, un chêne aux deux troncs soudés.
Depuis ce jour, le Chêne des Jumeaux est vu comme un symbole de réconciliation. Les amoureux et les frères en froid viennent s’y recueillir, espérant que la magie de Tronçais apaise leurs querelles.
La dispute des jumeaux

Les chênes enlacés

Le cerf aux bois d'or , messager des anciens
Une autre légende, moins connue mais racontée lors des visites guidées Il était une fois Tronçais, évoque un cerf aux bois dorés qui apparaîtrait à l’aube dans les clairières :
Il serait le messager des druides, gardien des arbres sacrés.
Le cerf aux bois d'or

La chouette des veilleurs , l'oeil de la forêt
Enfin, la chouette des veilleurs est une créature mythique que les bûcherons évoquaient en chuchotant :
Elle ne chante qu’une fois par an, lors du solstice d’hiver.
La chouette des veilleurs
