
La légende du peintre voyageur de Chézy
Il était une fois, dans le paisible village de Chézy, un jeune noble nommé Henri de Chacaton, passionné par les couleurs du monde et les mystères de l’Orient. Né au château des Louteaux, il passait ses journées à peindre les paysages bourbonnais, mais son esprit rêvait de contrées lointaines.
Un soir d’orage, alors qu’il peignait près de la rivière Ozon, une vieille femme apparut, vêtue d’un manteau de brume. Elle lui tendit un pinceau sculpté dans du bois d’olivier, gravé de symboles anciens. « Ce pinceau, murmura-t-elle, te montrera ce que l’œil ne voit pas. Mais prends garde : ce que tu peindras pourrait devenir réel. »
Henri partit alors pour Jérusalem, Istanbul, et Alexandrie. Chaque toile qu’il créait semblait vibrer d’une vie propre. On disait que ses tableaux murmuraient la nuit, et que certains voyageurs disparaissaient après les avoir contemplés trop longtemps.
À son retour à Chézy, Henri enferma ses œuvres dans une salle secrète du château. Il peignit une dernière toile : La Porte des Mondes, représentant un portail entre les cèdres du Liban. Puis il disparut, laissant derrière lui le pinceau magique et une énigme :
« Celui qui peindra sans peur verra l’autre côté. »
Depuis, certains habitants affirment entendre des coups de pinceau dans les murs du château, et les enfants du village racontent que, les nuits de pleine lune, un homme aux yeux dorés traverse les bois, portant une toile qui change à chaque regard.
Le peintre et la sorciére
