
La légende du moine guérisseur de Droiturier
Au XIIe siècle, dans le prieuré clunisien de Droiturier, vivait un moine nommé Frère Ansèlme, réputé pour ses connaissances des plantes et ses dons de guérison. On disait qu’il parlait aux herbes comme à des âmes, et que la nature elle-même lui révélait ses secrets.
Un hiver particulièrement rude frappa la région. Les villageois, affaiblis par le froid et la maladie, affluaient vers le prieuré. Frère Ansèlme les accueillait tous, sans distinction, et préparait des décoctions miraculeuses à base de millepertuis, ortie blanche et racine de gentiane. Mais ce qui étonnait le plus, c’était sa capacité à guérir par le toucher, posant simplement ses mains sur les fronts fiévreux ou les plaies infectées.
Un jour, une jeune fille du village, Éléonore, tomba gravement malade. Aucun remède ne semblait fonctionner. Frère Ansèlme, désespéré, se retira dans la forêt pour prier. Là, selon la légende, il fut visité par une lumière céleste qui lui indiqua une plante rare poussant au bord d’un ruisseau gelé : la fleur de lune, invisible aux yeux des hommes ordinaires.
Il la cueillit, la fit infuser, et Éléonore guérit en une nuit.
Mais le miracle eut un prix : Frère Ansèlme disparut le lendemain, laissant derrière lui son bâton de pèlerin planté dans le sol du prieuré. On dit que quand le vent souffle juste, on peut entendre ses prières dans les pierres de l’église, et que les herbes autour du prieuré poussent plus vite qu’ailleurs.
Frére Anselme
Villageois se rendant au Prieuré
