
La légende du Château de Bonaventure
On raconte qu’au XVe siècle, un château appartenant à la famille de Bourbon dominait les bois de Bonaventure. Ce n’était pas un château comme les autres : ses pierres étaient dites "vivantes", gravées de symboles anciens que nul ne pouvait déchiffrer. Les nuits de pleine lune, elles semblaient luire d’une lumière pâle, comme si elles murmuraient entre elles.
Le seigneur de Bonaventure, un homme nommé Arthus de Bourbon, était réputé pour sa sagesse… mais aussi pour ses secrets. Il aurait caché dans les fondations du château un manuscrit interdit, écrit par un moine hérétique, capable de révéler les mystères du temps.
Mais un soir d’orage, le château fut frappé par une foudre noire. Les habitants du hameau virent le ciel s’ouvrir, et le château s’effondrer dans un grondement sourd. Le lendemain, il ne restait plus rien. Pas une pierre. Pas une trace. Comme si le château n’avait jamais existé.
Depuis, les anciens disent que les racines des arbres du mont Charchouet cachent encore les vestiges du château. Certains affirment avoir entendu des voix dans les bois, ou vu des ombres danser entre les fougères. Et si vous vous y aventurez à minuit, il se pourrait que vous entendiez le chant du vent… qui murmure le nom d’Arthus.
Château de Bonaventure

En l’an 1764, dans les hameaux reculés des Bois Noirs, vivait une communauté fière et secrète : les Pions. Ces villageois, charrons, sabotiers et coupeurs de bois, formaient une tribu soudée, réputée pour son esprit frondeur et son refus de plier devant les puissants. On disait qu’ils vénéraient le soleil, parlaient un patois rugueux, et que leurs enfants naissaient avec le feu dans les yeux.
Un jour, Messire de Barthelat, seigneur de La Guillermie, exigea le paiement d’une dette ancienne. Les Pions refusèrent. Non par pauvreté, mais par principe. Ils disaient que la terre ne devait rien à ceux qui ne la travaillaient pas.
La tension monta. La maréchaussée fut envoyée. Mais les Pions, armés de haches et de fourches, repoussèrent les soldats dans les bois. Il y eut mort d’homme. La colère royale s’abattit sur eux : arrestations, pendaisons, bagne. Trois condamnés à mort. Mais la légende dit que l’un d’eux s’échappa, et qu’il vit encore, caché dans les grottes du Montoncel, gardien des secrets des Pions.
Depuis, les anciens murmurent que les Pions ne sont jamais vraiment partis. Que leur esprit vit dans les arbres, dans les ruisseaux, dans les complaintes chantées au coin du feu. Et que si un jour l’injustice revient, les Pions se lèveront à nouveau.
Le village des Pions