
La Grande Jument Blanche du Pont d’Étau
Autrefois, une femme nommée Louise vivait à Lurcy-Lévis avec sa jument blanche, Polka, qu’elle chérissait comme une sœur. Son mari, Marcel, avait une maîtresse et, pour entretenir cette liaison, décida de vendre Polka. Mais Louise, découvrant le projet, s’enfuit avec sa jument vers les marécages de l’Anduise, près du pont d’Étau.
On ne les revit jamais.
Marcel, pris de remords ou de rage, partit à leur recherche… et disparut lui aussi. Depuis ce jour, les habitants racontent qu’à certaines nuits, une brume étrange s’élève au-dessus des marécages, prenant la forme d’une femme vêtue de blanc ou d’une jument fantomatique. On dit que c’est Louise et Polka, liées à jamais, qui errent dans les limbes de la forêt humide.
Ce lieu est devenu un passage de randonnée légendaire, où les plus téméraires espèrent entrevoir la silhouette éthérée dans les volutes de brouillard. Mais attention… certains disent que si vous l’appelez, elle vous répond.
Louise et sa jument

Au XVIIIe siècle, le marquis de Lévis, personnage hautain et friand de douceurs, avait pour habitude d’emporter avec lui un sac de boules de chocolat lors de ses sorties à cheval. Un jour, en revenant de la chasse, il laisse tomber son sac. Son palefrenier, loyal et empressé, tente de le lui rendre… mais le marquis, dédaigneux, le repousse du pied, et les chocolats tombent dans du crottin de cheval.
Le palefrenier, un brin affamé ou simplement audacieux, les ramasse et les mange malgré tout. Et là, surprise : il devient irrésistible auprès des dames du village. La rumeur enfle… Les gens commencent à croire que ces fameuses "crottes du marquis" ont des vertus aphrodisiaques.
Depuis, cette anecdote est devenue une légende locale, et les Crottes du Marquis sont même devenues une spécialité chocolatée fabriquée dans plusieurs pâtisseries de l’Allier. Une belle façon de transformer un moment embarrassant en tradition gourmande.
Le Marquis de Lévis et son palefrenier

La légende de l’Orme à la Toupie
Autrefois, au bord d’un chemin isolé près de Lurcy-Lévis, se dressait un vieil orme majestueux, que les anciens appelaient l’Orme à la Toupie. Ce n’était pas un arbre comme les autres : on disait qu’à son pied, une toupie en bois tournait toute seule, sans jamais s’arrêter, même sans vent, même sans main pour la lancer.
Les enfants du village venaient l’observer, fascinés. Certains affirmaient que la toupie était enchâssée dans une racine, et que quiconque tentait de la toucher se retrouvait figé, comme hypnotisé. D’autres racontaient que l’arbre était habité par un esprit sylvestre, gardien du temps, et que la toupie représentait le cycle éternel de la vie.
Mais un jour, un homme cupide, venu d’un village voisin, voulut arracher la toupie pour la vendre comme curiosité. À peine avait-il posé la main dessus que l’orme se mit à gémir, ses branches à trembler, et l’homme fut projeté en arrière, inconscient. Depuis, plus personne n’a osé s’approcher de trop près.
Aujourd’hui, l’orme n’existe plus abattu par une tempête ou par le temps mais la légende demeure. Certains disent que si l’on écoute bien, on peut encore entendre le bruit d’une toupie qui tourne, dans le silence des bois, là où l’arbre se dressait autrefois.
l’Orme et la Toupie
