
La fée du Roudon
Chaque nuit de pleine lune, lorsque le ciel s’éclairait d’un halo argenté, une fée aux cheveux d’eau surgissait du ruisseau. Elle s’appelait Ondeline, gardienne des eaux et des souvenirs. Elle chantait des mélodies si douces que les renards s’arrêtaient de chasser, les chouettes cessaient de hululer, et même les vents semblaient suspendre leur souffle.
Ondeline n’apparaissait qu’à ceux qui portaient un cœur pur ou un chagrin trop lourd. On raconte qu’un jeune mineur, Éloi, l’aurait rencontrée après avoir perdu son frère dans un effondrement de galerie. La fée lui aurait offert une larme cristalline, qu’il porta autour du cou. Grâce à elle, il retrouva le courage de vivre et devint guérisseur du village.
Mais le Roudon n’était pas qu’un lieu de réconfort. Il exigeait le respect. Quiconque polluait ses eaux ou moquait les légendes se voyait frappé de malchance : les outils rouillaient, les récoltes flétrissaient, et les rêves devenaient sombres. Les enfants du village apprenaient très tôt à saluer le ruisseau et à lui offrir des pétales ou des cailloux polis.
Ondeline