
La légende du vieux chêne de Montord
Il était une fois, à la lisière du petit village de Montord, un chêne majestueux que les anciens appelaient le Gardien des Âges. On disait qu’il avait vu passer les armées de César, entendu les prières des moines du Moyen Âge, et abrité les amours secrètes des jeunes du village.
Mais ce chêne n’était pas qu’un témoin du temps il était aussi un protecteur. La légende raconte qu’un soir d’orage, alors que les éclairs fendaient le ciel et que les loups rôdaient dans les bois, une jeune fille du nom d’Élise s’y réfugia, poursuivie par un seigneur cruel. Elle posa sa main sur l’écorce et murmura une prière. Le chêne se mit à trembler, ses branches s’abaissèrent comme des bras, et une lumière verte jaillit de son tronc. Le seigneur fut repoussé par une force invisible, et Élise fut sauvée.
Depuis ce jour, les habitants de Montord viennent déposer des rubans ou des pierres au pied du vieux chêne lorsqu’ils cherchent protection ou réponses. On dit que si l’on s’y rend à l’aube du solstice d’été et qu’on écoute bien, on peut entendre le souffle d’Élise dans les feuilles, chuchotant des mots d’espoir.
Élise et le chêne

Villageois déposant des rubans

La légende de la Source oubliée de Montord
Il y a bien longtemps, dans les bois silencieux qui bordent Montord, une source cristalline jaillissait au pied d’un vieux rocher moussu. Les anciens l’appelaient la Source de l’Éclat, car ses eaux brillaient même sous la lune noire. Mais un jour, elle disparut sans laisser de trace comme avalée par la terre elle-même.
La légende raconte qu’un jeune berger nommé Théo, au cœur pur mais au destin tourmenté, y venait chaque soir pour parler à l’eau. Il confiait ses peines, ses rêves, et ses secrets. Un soir d’hiver, alors que le village était frappé par une sécheresse terrible, Théo pria la source de revenir pour sauver les siens. En réponse, une voix douce s’éleva des profondeurs : « Le cœur qui donne sans attendre est celui qui me réveillera. »
Théo, sans hésiter, offrit son dernier pain à un voyageur affamé croisé sur le chemin du retour. Le lendemain, la source jaillit à nouveau, plus vive que jamais. Mais Théo avait disparu. Certains disent qu’il est devenu l’esprit gardien de la source, veillant à ce qu’elle ne soit jamais souillée par l’égoïsme ou la cupidité.
Aujourd’hui, les enfants du village racontent que si l’on trouve la source car elle se cache encore et qu’on y laisse un objet précieux en silence, elle murmure des vérités oubliées et révèle le chemin du cœur juste.
La priére de Théo

La légende du fantôme du clocher de Montord
Chaque village a ses murmures… et à Montord, c’est le clocher qui parle.
On raconte qu’au XVIIe siècle, le curé du village, l’abbé Théodore, était un homme pieux mais tourmenté. Il avait découvert, dans les fondations de l’église, un manuscrit ancien évoquant un pacte oublié entre les premiers bâtisseurs et une entité mystérieuse : le Veilleur des Clochers. Ce pacte exigeait qu’un gardien veille chaque nuit sur le clocher, sous peine de voir le village sombrer dans l’oubli.
Théodore, sceptique, ignora l’avertissement. Mais dès lors, des phénomènes étranges se produisirent : les cloches sonnaient seules à minuit, des ombres glissaient sur les murs, et les enfants du village rêvaient tous du même visage un homme au regard vide, vêtu d’une soutane déchirée.
Une nuit d’hiver, l’abbé monta au clocher pour affronter ce qu’il croyait être une illusion. Il ne redescendit jamais. Depuis, les anciens disent que son esprit hante le clocher, condamné à veiller éternellement pour réparer son erreur. On l’appelle le Fantôme du Clocher.
Eglise de Montord

l'Abbé Théodore
