
La légende du vitrail oublié de Saint-Julien
On raconte qu’au cœur de l’hiver 1898, alors que l’abbé Taconnet achevait les fresques de l’église Saint-Julien, une étrange lumière apparut dans le chœur, juste avant l’aube. Les villageois, inquiets, virent des reflets bleutés danser sur les murs, comme si le ciel lui-même s’était invité dans la nef.
L’abbé, troublé, aurait alors peint un vitrail secret, dissimulé derrière l’autel, représentant Saint Julien marchant sur les eaux, entouré de créatures ailées. Ce vitrail, selon la rumeur, ne pouvait être vu que par ceux dont le cœur était pur et qui entraient dans l’église au moment exact où le soleil traversait l’abside en hiver.
Une vieille femme du village, Marguerite la fileuse, affirma avoir vu le vitrail une fois, juste avant de guérir miraculeusement d’un mal que les médecins disaient incurable. Depuis, certains habitants viennent chaque solstice d’hiver, espérant entrevoir ce vitrail mystique et recevoir la bénédiction du saint.
Mais attention : on dit aussi que ceux qui cherchent à voir le vitrail par curiosité ou vanité… ne voient que leur propre reflet, figé dans le verre, comme une mise en garde.
l ’Abbé Taconnet peignant la fresque

Il y a bien longtemps, dans les bois paisibles de Neuilly-le-Réal, la rivière Sonnante ne portait pas encore ce nom. On l’appelait simplement « le ruisseau de Mercy », et elle coulait discrètement entre les champs et les moulins.
Mais un soir d’orage, alors que les éclairs zébraient le ciel et que les cloches de l’église Saint-Julien sonnaient à toute volée, un étrange phénomène se produisit : la rivière se mit à chanter. Pas un bruit d’eau ordinaire, non… une mélodie douce, presque humaine, qui semblait venir des profondeurs.
Les anciens racontent qu’une jeune lavandière, prénommée Éléonore, avait disparu ce soir-là, emportée par les flots alors qu’elle chantait pour apaiser son chagrin d’amour. Depuis ce jour, à la tombée de la nuit, ceux qui s’approchent de la Sonnante affirment entendre une voix lointaine fredonner une berceuse oubliée.
La fantôme de la Lavandiére
