
"Dans les bois de Vendat, là où les chênes murmurent au vent, les Thévenins vivaient en harmonie avec les esprits de la forêt."
Autrefois, au lieu-dit Les Thévenins, vivait une famille de potiers réputée pour leur savoir-faire et leur étrange capacité à façonner des objets qui semblaient… vivants. On disait que leur argile provenait d’un point précis du bois, un endroit que seuls eux connaissaient, et qu’ils n’y allaient jamais avant le coucher du soleil.
Les anciens racontent que les esprits du bois, invisibles aux yeux des curieux, guidaient les Thévenins dans leur art. Ces esprits, mi-hommes mi-brume, veillaient sur l’équilibre de la forêt. En échange de leur aide, les potiers devaient respecter une règle sacrée : ne jamais vendre une pièce façonnée sous la pleine lune.
Un jour, un marchand venu de Vichy, avide de profit, convainquit le plus jeune des Thévenins de lui céder une urne lunaire. Dès lors, les bois se mirent à gémir la nuit, les potiers perdirent leur don, et les arbres commencèrent à se dessécher. Le jeune homme, rongé par le remords, retourna dans le bois et disparut à jamais. Depuis, certains promeneurs affirment entendre des chuchotements près du vieux four à chaux, et voir des silhouettes dans la brume au petit matin.
La famille de potiers

"Elle apparaît quand le silence est trop lourd, quand les pierres du vieux four à chaux semblent respirer…"
Autrefois, dans le hameau du Vieux Vendat, vivait une jeune femme nommée Élise, fille d’un maître potier. Promise à un seigneur de la région, elle tomba amoureuse d’un humble charbonnier. Leur amour, jugé indigne, fut brisé par la colère du père, qui enferma Élise dans la cave du four à chaux, jurant qu’elle ne reverrait jamais la lumière du jour.
On dit qu’elle y mourut de chagrin, et que depuis, son esprit hante les lieux, vêtu d’une robe blanche, les yeux baignés de larmes. Elle apparaît les nuits de pleine lune, marchant lentement entre les murs de pierre, cherchant son amour perdu. Les anciens affirment que quiconque croise son regard est condamné à revivre ses propres regrets, jusqu’à ce qu’il les apaise.
Certains habitants de Vendat racontent avoir vu une silhouette blanche près du vieux lavoir, ou entendu des sanglots dans le vent. D’autres disent que si l’on dépose une fleur blanche sur les pierres du four à chaux, la Dame blanche vous épargnera ses tourments.
Élise

"On dit que la Guêle ne coule pas seulement d’eau… mais de mémoire."
Autrefois, bien avant que Vendat ne devienne un village de potiers et de cultivateurs, la source de la Guêle était considérée comme sacrée. Elle jaillissait près du hameau du Cognet, à Saint-Pont, et les druides de la région venaient y pratiquer des rituels de purification. L’eau, limpide et froide, était réputée pour guérir les maux invisibles : tristesse, cauchemars, et même les malédictions.
Mais la légende la plus tenace raconte qu’à chaque solstice d’été, si l’on s’approche de la source à minuit, on peut entendre les voix des anciens de Vendat. Des murmures dans l’eau, des noms oubliés, des secrets de famille. Certains disent que c’est l’esprit d’une jeune fille, Maëlys, noyée par chagrin d’amour, qui veille sur la source. Elle aurait promis de protéger ceux qui viennent avec un cœur pur… mais de tourmenter ceux qui cherchent à exploiter la magie de l’eau.
Les Vendatois les plus superstitieux déposent encore des pierres blanches au bord de la Guêle, en offrande, pour s’attirer ses faveurs. Et il est dit que si l’eau devient trouble sans raison, quelqu’un dans le village a menti.
La source de la Guêle

"Trois frères, trois épées, et un serment gravé dans la pierre."
Il y a plusieurs siècles, Vendat n’était qu’un petit bourg entouré de forêts et de terres convoitées. Trois frères chevaliers Armand, Léonard et Silvain vivaient dans un manoir aux abords du village. Fils d’un seigneur tombé au combat, ils jurèrent de protéger Vendat contre les pillards venus des montagnes du Bourbonnais.
Un soir d’hiver, alors que les villageois dormaient, une troupe armée descendit sur Vendat. Les trois frères, sans attendre renforts ni ordres, montèrent à cheval et affrontèrent les envahisseurs. Leur bravoure fut telle que les assaillants furent repoussés avant l’aube. Mais Silvain, le plus jeune, fut mortellement blessé.
En hommage à leur courage, les villageois gravèrent trois lions sur une pierre du vieux four à chaux, symbole de leur force, leur loyauté et leur sacrifice. Des années plus tard, lorsque Vendat adopta son blason, ces lions furent repris comme gardiens éternels de la commune.
On dit que les nuits de tempête, si l’on écoute bien près du lavoir, on peut entendre les sabots des chevaux et les murmures des trois frères veillant encore sur leur terre.
Les trois fréres Armand, Léonard et Silvain
